25 fév 2011

Rédigé par dans Best Of, Gadgets, Geek, Tests | 6 commentaires

Test Camega Sega Mega Drive

    

Et si, en pleine révolution numérique, le temps suspendait son vol pour accorder un peu de répit à un progrès technologique que rien ne semble pouvoir arrêter ? Si l’on jouait la carte du rétro qui s’assume, en se laissant aller à la nostalgie d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître ? Des fameuses boites à meuh aux non moins célèbres Tamagotchi, les jeunots des années 90 peuvent se revendiquer des héritiers d’une époque à part. Parfois trop vite passés au Force 4 ou au Canada Dry devant une map du mythique Half Life, ils n’auront pas tous connu la saveur particulière d’un Tang goût orange préparé à la hâte pour meubler les interminables temps de chargement de l’Amstrad CPC vénéré du grand-frère. Pourtant, à l’heure de l’avènement du tout numérique, le sentiment anti-rétro peine à s’imposer. Nintendo fait un tabac avec sa console virtuelle, qui permet de rejouer à de vieux titres dépoussiérés au plus grand bonheur des petits et des grands. Namco réédite régulièrement, sans coup férir, des compilations d’arcade qui connaissent toujours le même succès auprès du public. Les abandonwares pullulent sur Internet et l’émulation  lui colle aux basques. Comme si pour bon nombre d’ados d’aujourd’hui ou d’alors, la désuétude dans le Dixième Art n’était guère qu’une notion abstraite. Dans cette querelle des Anciens et des Modernes, la fracture intergénérationnelle n’est pas encore abolie, mais le Camega CG2010 parvient à faire table rase du passé pour joindre l’utile à l’agréable.

Fleuron du jeu vidéo des années 90, la firme japonaise Sega a peut-être failli dans la bataille qui l’opposait à sa compatriote Nintendo, mais un lion, nippon de surcroît, ne meurt jamais. Alors que les beaux jours reviennent enfin dans nos contrées, les hérissons bleus sont de sortie et s’affichent à moins de 60 euros dans le rayon électronique de toute crèmerie qui se respecte. Bénéficiant de l’aval, si ce n’est de la bénédiction du feu géant Sega, AtGames surfe sur la vague du retrogaming en réinventant à sa sauce la quatrième génération du jeu vidéo. Celle qui a marqué l’avènement des graphismes évolués, à des années-lumière de la simili-3D isométrique dont le monde fut coutumier dans les années 80. Le résultat, une énième console portable « multimédia » dont la fonction principale se résume à l’émulation de la Megadrive, poids lourd du parc vidéoludique d’il y a deux décennies.

A l’heure où la nostalgie d’une génération de trentenaires fait vivre au passé une seconde jeunesse,  cette nouvelle mouture estampillée Sega est-elle réellement en mesure de faire de l’ombre à ses grandes sœurs ? Face à des solutions plus puissantes et versatiles telles que la GP2X (dernière née de Gamepark) ou la série des Dingoo (ses équivalents chinois low cost), l’investissement est-il un tant soit peu justifié ?

Déballage et premières impressions

Comme diraient nos amis d’outre-Manche, le design du packaging mérite bien qu’on s’y attarde un instant. Haute en couleurs, la boite annonce fièrement au client potentiel que l’appareil qu’elle renferme est un véritable compagnon électronique multifonction. De l’appareil photo au lecteur audio-vidéo, entre monts et merveilles, superlatifs et listes exhaustives, on en oublierait presque qu’il s’agit d’abord d’une console, dans la foule des clones communément dénommés « consoles pirates ». A ceci près que dans le cas présent, les intéressés semblent avoir privilégié, en toute transparence, un cadre légal pour leurs transactions. Sega a très certainement monnayé quelques licences, si bien que son logo se retrouve quasi systématiquement sur chaque face du carton d’emballage. On ne pouvait espérer mieux comme mise en bouche.

Passé l’épreuve du déballage, il est temps de faire les présentations. Et le contenu à de quoi surprendre. Réduit à sa plus simple expression, l’ensemble comprend :
-      le Camega (dont les dimensions de 118 x 65 x 18 mm sont comparables à celles d’un téléphone mobile, l’épaisseur exceptée)
-      de son câble de connexion USB (à l’autre extrémité, un mini-USB, format universel)
-      d’un cordon AV (jack vers double Cinch audio-vidéo) permettant le raccord à une télévision
-      d’une paire d’écouteurs génériques avec fiche mini-jack 2,5mm
-      d’un manuel bilingue suffisamment détaillé pour mériter le coup d’œil

Concernant le câble TV, il délivre un signal vidéo composite qui satisfera largement nos bons vieux écrans cathodiques. Il n’en sera pas de même avec un écran plasma ou LCD : l’image baveuse en rebutera plus d’un. Quant au son, une seule fiche est présente en sortie. On n’a donc le droit qu’à une voie, pour un signal mono. Quel dommage quand on sait que la Megadrive originelle délivrait un signal stéréo et une image de qualité grâce à une prise Péritel !

L’austérité du manuel convaincra tout un chacun d’en survoler les quelques chapitres d’introduction. On y découvre notamment la compatibilité annoncée avec de nombreux formats audio (MP3, WMA, OGG, AAC, WAV et, bonne surprise, FLAC), vidéo (AVI, WMV, FLV) ainsi que l’existence d’un mode e-book (uniquement en TXT, malheureusement). On s’empresse alors de tourner les pages, jusqu’à tomber sur quelques schémas explicatifs qui invitent tout naturellement à un petit tour du propriétaire. On fait les choses dans l’ordre chez AtGames !

Se révèle au grand jour un système compact, facile à prendre en main, agréable à la vue comme au toucher. D’un noir ébène, la coque est sobre malgré son aspect très cheap, impression par ailleurs confirmée à la pesée : le Camega joue dans la catégorie des poids plume ! On aurait presque peur de la laisser tomber par inadvertance, auquel cas sa fragilité apparente pourrait bien réserver de mauvaises surprises. Raison de plus pour en prendre soin comme il se doit. Casseurs fous et gamers compulsifs, s’abstenir… plus dure sera la chute !

Certains regretteront la présence, au dos de la machine, d’un sticker à l’effigie de Sonic : que l’on aime ou pas, force est de reconnaître que Sega n’a pas fait les choses à moitié.

Articulée autour d’un écran TFT de 3,2 pouces, la face avant de l’appareil est des plus classiques :
-      un pad directionnel (qui, a priori, gère véritablement les diagonales, a contrario de celui des manettes de la Megadrive)
-      quatre boutons de commande (trois seulement à l’origine) qui ont la fâcheuse tendance de ne pas rester en place dans leur logement. Deux d’entre eux ont une surface convexe alors que les deux autres sont concaves. Pas très esthétique, mais efficace pour ne pas s’y méprendre entre les commandes.
-      deux autres boutons plus fermes (leur cliquetis est gênant à la longue ; heureusement, on s’en sert relativement peu et surtout, impossible de les enclencher accidentellement). Ceux-ci remplissent les fonctions respectives de Start / Validation et Select / Retour.
-      une protubérance percée d’orifices qui cachent le haut-parleur intégré. Dans le manuel, aucun renseignement n’est délivré quant à sa puissance, ou son impédance.

Au dos, une caméra 1,3 millions de pixels qui fait également office d’appareil photo. De nos jours, c’est le lot de tout appareil du genre : il est devenu inconcevable de commercialiser une console PMP (Portable Multimedia Player) sans y inclure cet artifice. Artifice, au bas mot, car les résolutions des appareils photo dont sont actuellement équipés les téléphones portables avoisinent les 3 à 8 mégapixels.

C’est en inclinant la console à la verticale que l’on aperçoit, de gauche à droite :
-      un port au format jack 3,5mm marqué « AV OUT » : il s’agit de la sortie TV.
-      la prise casque au format jack 2,5mm.
-      un mini-USB universel pour connecter la console à un ordinateur ou à un adaptateur secteur destiné à recharger la batterie intégrée
-      une molette de réglage du volume. Pratique pour tempérer un coup de trompette un peu trop perçant ou couper opportunément le son à l’arrivée de votre patron.
-      le classique bouton marche / arrêt. Il s’agit bien d’un bouton, pas d’un interrupteur. La durée de vie du mécanisme devrait s’en ressentir en penchant du coté longévité.
-      un témoin qui s’illumine en bleu (couleur à la mode) lorsque l’appareil est en fonctionnement
-      un micro intégré à la coque fait de la console un dictaphone improvisé si vous n’avez rien d’autre sous la main.

La tranche inférieure regroupe :
-      un interrupteur à deux positions qui permet d’alterner entre le mode jeu et le mode multimédia (le Camega n’est pas multitâche).
-      un slot destiné à l’extension de la mémoire intégrée via une carte SD
-      tout à droite, un bouton marqué « RESET » : le label se suffit à lui-même.

Le système est compact, facile à prendre en main et passe plutôt bien visuellement parlant. Les fonctions à exploiter sont nombreuses, mais l’ensemble n’inspire pas confiance quant à sa solidité toute relative (de la coque aux boutons). De plus, on regrettera l’absence d’accessoires qui se révèlent pourtant indispensables à l’utilisation, comme une carte SD. Dans un autre registre, la présence d’un autocollant Sonic au dos, à l’instar du logo frontal H&B, est tout à l’appréciation de l’utilisateur. On peut donc s’attendre au meilleur comme au pire avec le Camega CG-2010.

Pages : 1 2 3 4 5 6 7

  1. Super !
    Merci Clément, un véritable test de passionné très intéressant.
    J’ai fais un gros retour en arrière bien que je ne suis pas spécialement rétro gamming.

  2. Bonnes remarques!

    Un point cependant qui n’a pas été abordé : les sauvegardes de jeux en cours tels que Soleil ou La Légende de Thor ne sont pas possibles.

  3. Pfff il est nul ton test

  4. @Pffff : Commentaire ultra constructif! C’est gentil de participer… Mais abstient toi la prochaine fois!

  5. daimakaimura a dit:

    il y en a un paquets de petites console comme ca ,

    et je dit : rien ne vaux une bonne vieille megadrive !

    ^^

  6. Salut,

    En passant il a pas précisé, mais il a bu combien de litre de canada dry le temps d’ecrire tout ca ???

    Enfin c’est juste une question que je me pose quoi !

Trackbacks/Pingbacks

  1. Tweets that mention Test Camega Sega Mega Drive | Geekozor -- Topsy.com - [...] This post was mentioned on Twitter by Maxime Ablancourt, Maxime Ablancourt. Maxime Ablancourt said: Test Camega Sega Mega Drive ...

Laissez un commentaire